Goumoens-la-Ville :
Les premières mentions de Goumoens-la-Ville datent du XIIe siècle. A cette époque, son église est le centre d'une vaste paroisse qui comprend les chapelles d'Oulens, d'Echallens, de Villars-le-Terroir et de Penthéréaz. Mais très vite cette paroisse se divise et les chapelles citées se transforment en églises paroissiales. Dès le XIIe siècle et jusqu'à la Réformation, l'église dépend de l'abbaye de Montbenoît, près de Pontarlier. Primitivement, il n'existe qu'une seule seigneurie qui groupe Goumoens-le-Châtel (aujourd'hui Saint-Barthélemy), Goumoens-la-Ville et Goumoens-le-Jux. La famille de Goumoëns appartient dès le XIe siècle à la haute noblesse, mais elle doit plus tard se reconnaître vassale de la maison de Montfaucon dont l'influence grandit dans tout le Pays de Vaud. Jusqu'au XIXe siècle, on rencontre des descendants de cette illustre famille dans toutes les armées d'Europe, avec des grades et des responsabilités importants. L'église de Goumoëns-la-Ville est très ancienne. On dit qu'elle fut consacrée une seconde fois par Jean de Médicis, qui devint en 1513 le pape Léon X. L'édifice, souvent restauré, est aujourd'hui classé monument historique.
Goumoens-le-Jux :
Petite commune peu peuplée, Goumoens-le-Jux a cependant une histoire riche et mouvementée. En l'an 1184, les anciens actes signalent déjà l'existence de cette «Turris de Théla», ou tour du Talent, dont on distingue encore aujourd'hui quelques vestiges, ainsi que les fossés traversés par la route moderne. Cette tour appartient à la noble famille de Goumoëns. Elle est abattue en 1475, au début des guerres de Bourgogne, et ne sera jamais relevée. Quant à la commune, elle naît d'un démembrement, parcelle détachée de la plus vaste commune de Goumoens-la-Ville. Au XIIIe siècle, Goumoens-le-Jux est l'apanage de Guillaume de Goumoëns, dit le Roux. Propriété successive du duc de Savoie Amédée VIII (qui deviendra pape sous le nom de Félix V), puis de Louis de Savoie, cette seigneurie revient en 1447 à François de Goumoens-la-Ville, seigneur de Bioley-Magnoux. Elle restera dans la famille durant deux siècles. Puis, après avoir passé par diverses mains, elle aboutit à Albert de Haller et à son fils Ferdinand. Albert (1708-1777) est un esprit universel. Il parcourt toute l'Europe, s'intéresse à toutes les sciences, avec une secrète préférence pour la botanique. Il compose même des poèmes, et se dispute aigrement avec Voltaire. En 1798 la petite commune est mise sous tutelle et ne retrouve son indépendance qu'en 1974.
Eclagnens :
Petite commune discrète, posée sur une colline entre Goumoens-la-Ville et Oulens, Eclagnens a cependant sa part entière dans l'histoire du Gros-de-Vaud. Au XIIIe siècle, le camérier de Romainmôtier est chargé de l'entretien de la chapelle, encore citée en 1441. La seigneurie est partagée entre Gauthier de Montfalcon et la famille de Goumoens. Dès 1534, la commune s'organise. Elle a un syndic, Pierre Bonvalet, et un gouverneur, Glaudot. Il faut croire que les séances communales sont joyeusement arrosées, car en 1732, on décide que les «beuveries» lors de réunions ne seront plus payées par la commune. Le premier régent est Jean-Baptiste Jolimay. Nommé en 1730, il dirige la classe alternativement à Goumoens-le-Jux et à Eclagnens. Une nouvelle maison de commune est construite en 1836 et, pour la petite histoire, le syndic déclare en 1845 que trois distributions postales par semaine, c'est amplement suffisant. Au bas du village, un grand moulin utilise l'eau du Talent par un bief. Sa roue cesse de tourner vers 1939, juste avant la guerre. On y faisait aussi l'huile de noix. |